Lorsque j'étais jeune, j'avais une blonde qui avait une tante.
Il y avait un secret qui entourait cette tante. C'est le genre d'histoire qu'on ne se fait expliquer une seule fois tout bas, avec une voix grave et la tête légèrement inclinée alors je ne vous le dirais qu'une fois, sa tante était folle.
Pour tout vous dire, moi je n'avais rien remarqué sinon que (et ça c'est mon secret à moi) je trouvais cette tante très belle, probablement une des plus belle femme que j'ai vu de toute ma vie. Elle avait un beau visage aux traits fins, des magnifiques yeux verts, un merveilleux sourire d'où jaillissait des dents toutes blanches et toutes droites et de somptueux cheveux roux ondulés plus soyeux que dans les annonces de shampooing.
Son accoutrement étrange remplis de toutes sortes de couleurs évoquait un mélange de bohémien et de peace and love. Ce n'était pas particulièrement chic mais ça évoquait une jeunesse toujours bien présente et une grande liberté.
Elle avait un drôle de comportement. Certains soirs, on pouvait être en train d'écouter la télé quand tout d'un coup on se rendait compte qu'elle était debout sur le balcon. Depuis combien de temps elle était là? On ne le savait pas trop. Elle avait encore quitté son institut ... son centre ... en fait j'ignorais bien de quoi elle se sauvait vraiment. À ce moment là, je pouvais bien observé toutes ses dents parce qu'elle riait beaucoup. Pourtant personne d'autre ne riait. Ce n'était pas drôle. Tout le monde regardait ses souliers. "Ça fait tellement de bien de rire" qu'elle disait. Moi je ne comprenais pas trop le malaise, j'étais plutôt d'accord avec elle.
Je n'ai jamais su son histoire. Récemment j'ai entendu Maudie de Thomas Fersen et c'est tout de suite à elle que j'ai pensé.
Depuis la faillite de son père
Maudie a perdu ses repères
Un homme lui a fait une offense
Et les choses ont perdu leur sens
Peut-être que son histoire est une de celles-là. Je l'ignore.
Elle aimait chanter et jouer de l'accordéon. Elle aimait jouer des vieux airs pour faire plaisir à la grand-mère qui n'en avait plus pour longtemps.
Sous les ponts de Paris, lorsque descend la nuit,
Tout's sort's de gueux se faufil'nt en cachette
Et sont heureux de trouver une couchette
À part elle, j'étais le seul de la famille à jouer d'un instrument alors je l'accompagnais. L'espace d'un instant, la folie cessait complètement et j'étais en symbiose avec la plus belle femme du monde.
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